Décolonialité et théâtre-récit dans La parenthèse de vie de Prosper Kompaoré : l’écriture dramatique comme indicateur d’émancipation
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Résumé
Cet article interroge la manière dont l’écriture dramatique contemporaine africaine s’affranchit des modèles esthétiques hérités de la colonisation pour affirmer une légitimité culturelle endogène. Prenant appui sur La parenthèse de vie (2009) de Prosper Kompaoré, il montre comment cette pièce articule critique sociale et justice épistémique au service d’un projet de décolonisation des formes théâtrales. À la critique décoloniale (Quijano, Fricker, Spivak), l’étude adjoint les outils de la narratologie structurale de Roland Barthes fonctions cardinales et catalyses, distinction histoire/récit/narration, actants afin de saisir la pièce comme un exemple accompli de ce que la théorie théâtrale contemporaine nomme le théâtre-récit. Il s’agit d’un dispositif dramaturgique où la parole du conteur, empruntée à la veillée africaine, se substitue à la mimésis aristotélicienne et fait de la scène un lieu de narration collective. L’analyse examine respectivement les dimensions suivantes de la pièce : une structure fragmentée organisée par un dispositif narratif d’enchâssement ; la « parenthèse » comme suspension du récit officiel ; une polyphonie énonciative qui restitue une place centrale aux voix subalternes ; une déconstruction des hiérarchies culturelles et cognitives héritées de la colonialité ; et une mobilisation de la mémoire au service d’une justice épistémique. L’article soutient que ces choix formels ne sont pas de simples options stylistiques mais des gestes d’écriture porteurs d’une visée épistémologique, qui réinstaurent la légitimité de savoirs et de récits longtemps subalternisés, et que la grammaire narrative barthienne, loin de contredire le projet décolonial, en éclaire le fonctionnement interne.
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Références
- BARTHES, Roland. (1966). « Introduction à l’analyse structurale des récits ». Communications, n° 8, p. 1–27.
- BARTHES, Roland. (1968). « La Mort de l’auteur ». Manteia, n° 5, p. 61–67.
- FANON, Frantz. (1961). Les damnés de la terre. Paris : Maspero, 244 p.
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- GENETTE, Gérard. (1972). Figures III. Paris : Seuil, 286 p.
- KOMPAORÉ, Prosper. (2009). La parenthèse de vie. Ouagadougou : Éditions ATB, 125 p.
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- RYNGAERT, Jean-Pierre. (2000). Lire le théâtre contemporain. Paris : Nathan, coll. « 128 », 128 p.
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